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Entrepreunariat | 11 Aug 2022

SINGA Lyon : rencontre avec Anne-Charlotte Duperray, qui développe une application pour faciliter l’inclusion des nouveaux.elles arrivant.e.s

Une application mobile gratuite créée pour faciliter l’inclusion des nouveaux.elles arrivant.e.s en France, c’est ce qu’a imaginé Anne-Charlotte Duperray. 

Après avoir rejoint l’incubateur SINGA en 2021, Anne-Charlotte a pu tester la version prototype de Spiky Community à Lyon l’année dernière.

Avant le lancement officiel de l’application à l’échelle nationale prévue en septembre 2022, nous avons retrouvé Anne-Charlotte pour retracer son parcours et l’avancée de son projet.

Qu’est-ce que c’est Spiky Community ?

C’est une application à destination de toutes les personnes étrangères, avec comme cœur de cible les étudiant.e.s. L’appli réunit toutes les informations utiles pour s’installer facilement en France et les informations officielles des ministères et des associations.

Courant 2023 l’application permettra de mettre en relations des personnes étrangères et Françaises à proximité. 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de créer Spiky ?

Les flux migratoires sont de plus en plus nombreux et on se rend compte qu’ il y a un vrai manque d’organisation et d’accompagnement pour accueillir et inclure les nouveaux arrivants sur nos territoires au niveau local. A leur arrivée en France, ils doivent faire face à la jungle administrative. Les nouveaux arrivants doivent également affronter solitude et isolement car il est très difficile de créer du lien avec des personnes françaises à proximité. J’ai moi-même fait une partie de mes études à l’étranger et j’ai donc dû faire face à toutes ces problématiques-là. Quand je suis rentrée en France j’ai voulu m’investir auprès des personnes étrangères pour les aider à s’installer le plus facilement et le plus rapidement possible. 

D’après toi, quel est l’aspect le plus compliqué pour les personnes étrangères qui arrivent en France ?

Accéder à l’intégralité des informations dans le bon ordre : il y a énormément d’informations disponibles sur Internet mais très peu sont traduites et beaucoup de choses se mélangent.

Mon idée était de réussir à créer un outil simple qui serait une porte d’entrée pour faciliter l’accès à ces informations avec des mots-clés, des images, des catégories, des sous-catégories.

Au-delà de la partie administrative, il s’agit de s’installer sur le long terme et réussir son inclusion en France : rencontrer du monde, trouver des événements et des associations dans sa ville…

Si tu devais décrire ton parcours en un mot, ce serait quoi ?

En un mot ? Adaptabilité ! Savoir s’adapter aux aléas, parce que ça ne se passe pas toujours comme prévu. Donc toujours réussir à s’adapter en fonction des opportunités, en fonction des barrières, et en fonction des gens qu’on rencontre aussi.

Quelle a été la principale difficulté à surmonter au cours de ton parcours entrepreneurial ?

La plus grosse difficulté, je dirais que c’est le fait d’être seule. C’est difficile quand on est tout seul de prendre du recul et de challenger ses idées. Ça demande de sortir de sa zone de confort et d’aller poser des questions à des partenaires, des amis, mais aussi SINGA, ou toute personne qu’on rencontre au fur et à mesure pour justement arriver à avoir cet aspect collectif qui peut parfois nous aider à trouver les réponses.

Et maintenant comment le vis-tu ?

J’aimerais vraiment pouvoir m’associer avec quelqu’un de complémentaire et qui apporterait une vision différente mais je n’ai pas encore trouvé l’opportunité et la bonne personne. 

Malheureusement c’est souvent du hasard : tu rencontres quelqu’un qui te fait rencontrer quelqu’un… Pour le moment ce que je fais, c’est que je n’hésite pas à contacter un maximum de partenaires et de me faire du réseau. Soit via SINGA, soit via d’autres structures qui m’ont accompagnée, pour m’entourer de personnes qui ont une certaine expertise, ou d’autres entrepreneurs qui ont de l’expérience dans un domaine en particulier et qui peuvent me conseiller à leur tour. Je me force à aller beaucoup demander des conseils et des retours d’expérience.

Qu’as-tu pensé de l’accompagnement SINGA ?

Je pense que c’est ce qui m’a permis de lancer vraiment le projet, parce que c’était une idée qui mûrissait mais je n’avais pas forcément le cadre pour me dire “ok vas-y, c’est plus qu’une idée, on y va !”. Ça m’a vraiment rassurée sur la faisabilité du projet et ça m’a permis d’avoir des avis extérieurs, que ce soit par le mentor, par l’équipe de SINGA ou par d’autres entrepreneur.e.s.

C’est toujours intéressant d’avoir des ateliers collectifs sur des thématiques bien précises, ça permet de monter en compétences et du coup de pouvoir gagner en autonomie. L’accompagnement était très complet que ce soit en organisationnel, en compétences, en réseau et en suivi, et même après mes six mois je suis encore en lien avec l’équipe SINGA et on se voit régulièrement.

Quels sont les aspects sur lesquels t’es-tu le plus améliorée ?

Réussir à être clair dans son projet et à l’exprimer, c’est la base quand on va voir un client, un partenaire ou qui que ce soit. Tout ce qui concerne le modèle économique, car c’était quand même quelque chose de compliqué parce que c’est une application qui est gratuite. Après SINGA j’ai continué avec un autre accompagnement de deux mois avec la fondation Deloitte et l’emlyon. J’ai été orienté par SINGA pour justement continuer de travailler le modèle économique.

Qu’est-ce qui a été le plus utile pour toi ?

Le fait que ce soit assez complémentaire, entre l’accompagnement du mentor, le suivi individuel etc…. Mais si je devais nommer une chose en particulier je dirais le suivi individuel puisque vu que je suis toute seule, ça me permettait de me fixer des objectifs avec des deadlines, et de me pointer à une réunion d’équipe avec quelqu’un de SINGA pour avancer dans le temps… chose que je ne peux pas faire seule.

Est-ce qu’il y a eu de gros pivots au niveau de ton projet pendant l’accompagnement ?

Le gros pivot c’était de décider d’aller au bout. Quand tu fais un accompagnement de 6 mois et que tu prépares tout au final la dernière étape, c’est la plus difficile. C’est de se dire “ok, je crée mon entreprise, je rédige les statuts, je me lance”. Je l’ai fait directement après l’accompagnement.

Après le projet a tellement évolué du début à la fin de l’accompagnement en fonction de ce qui se passe, qu’il faut savoir s’adapter autant aux opportunités positives qu’aux aléas négatifs.

S’il y a une chose que tu ferais différemment qu’est-ce que ce serait ?

C’est dur ! Il y a pas mal de choses que j’aurais fait différemment mais qui ne sont pas si importants que ça. J’aurais pu me lancer plus tôt vu que c’était une idée que j’avais déjà un peu en tête, mais finalement ce n’était peut-être pas le moment, je n’étais peut-être pas prête.

En fait, même les échecs, les moments qui se passent moins bien, où j’ai été déçue ou démotivée, où je me suis dit que ça n’allait pas marcher m’ont finalement permis de rebondir et de me réadapter pour justement trouver une nouvelle stratégie pour que ça aille mieux. Donc finalement il n’y a rien que je regrette parce que ça m’a permis aujourd’hui d’être ici.

Quels conseils donnerais- tu aux personnes qui souhaitent entreprendre ?

S’ils ont une idée, il faut vraiment prendre le temps de la travailler, de se renseigner, de la faire un petit peu vivre. Tout projet part d’une idée et beaucoup de gens doutent de leurs idées alors qu’il y a pleins d’idées qui méritent d’avoir un petit peu confiance et d’oser se lancer. Ça fait hyper peur mais tant qu’on ne le fait pas on ne peut pas savoir si ça fonctionne ou pas.

Mon deuxième conseil : s’adapter. Il faut savoir rebondir parce qu’on va forcément se prendre des claques ou rencontrer des gens qui ne vont pas être d’accord avec l’idée ou qui auront pas les mêmes valeurs et la même vision que nous, ce qui permet aussi de faire grandir l’entrepreneur et le projet donc il ne faut vraiment pas avoir peur de ces échecs car ils permettent d’avancer.

L’entrepreneuriat est une grande aventure souvent parsemée d’épreuves et de challenges qui permettent d’avancer. Comme nous l’a confié Anne-Charlotte, il faut savoir s’adapter aux aléas, bien s’entourer et ne pas hésiter à échanger autour de soi grâce à des accompagnements comme l’incubateur de SINGA.

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Aya MHAMMEDI
Programme incubation Singa Lyon